Ce deuxième confinement, dont beaucoup s’accordent à dire qu’il est différent du premier en de nombreux points, a marqué dès le premier jour une ferme volonté de défendre l’économie locale.
Lors de la précédente période, la tendance était apparue au bout de quelques semaines, une fois passé le temps de la surprise, du désarroi causé par une situation totalement nouvelle. Car au début, on avait tout accepté avec résignation.

Mais cette fois-ci, plus de surprise, on a forcément appris. Pour le meilleur et pour le pire, selon la formule.
Surtout, on a appris à ne plus supporter de voir des supermarchés et hypermarchés fonctionner quasi normalement tandis que de nombreux commerces locaux classés comme « non-essentiels » étaient, eux, condamnés une fois de plus à fermer totalement.
Ça a commencé par des maires, surtout dans le sud, d’ailleurs, prenant des arrêtés pour, au contraire, les autoriser à ouvrir.

Evidemment, selon le système de gouvernance français, ces arrêtés ont été immédiatement balayés par le pouvoir central, et comme on dit, force est revenue à la loi !
Et les maires qui les avait décidés se sont fait accuser de manoeuvre politique par leurs opposants. Là, rien de surprenant.

Malgré tout, ce geste aura eu le mérite de rappeler aux gouvernants de la capitale qu’il y a aussi des gouvernants élus, tout comme eux, au suffrage universel, sur le plan local. Et que la démocratie est tout aussi respectable à ce niveau-là. Mais ça, c’est une autre histoire !

En tout cas, rien n’empêche les gens de s’organiser localement, au niveau économique par exemple, pour défendre ce commerce local dans le cadre de la loi.
Ainsi, le maire de Carcassonne, Gérard Larrat, souligne que dans sa ville, pour les commerces en question,  « seule la réception du public est interdite ». Mais qu’il est donc possible de commander leurs produits par téléphone ou par internet, et d’aller les retirer en magasin.
Avec, pour décrire cette pratique, une expression mise à la mode, affublée d’un nom anglais pour faire encore plus mode, le « click and collect ».
Qu’on peut même, si on n’a pas peur de faire vieux jeu, décliner en français comme « clique et collecte ».

Le maire de Carcassonne parle d’un «  choix de société »  qui s’offre à la population, en décidant de soutenir avec volontarisme le petit commerce de proximité.

Amusant, dans le même ordre d’idée, cette publicité d’Intermarché, avec des pleines pages dans la presse, s’il vous plaît,  et qui,  sous le titre « désolé Amazon », se permet de haranguer le géant américain de la vente par Internet.
Insolite parce que venant d’une chaine nationale, et qui jusqu’ici, ne symbolise pas particulièrement le petit commerce de proximité. Même si sa publicité affirme lancer une initiative en soutien des commerçants indépendants.

La question, bien sûr, restera celle-ci : quel sera le degré de réussite, et surtout de durabilité, de ces volontés exprimées en cette période de crise.
Car l’expérience démontre, après un premier déconfinement, que les gens ont la mémoire courte.

Alors, je vais le dire en anglais pour faire plus chic : « wait and see ».

 

 

 

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