LA CHRONIQUE de JC Julès  7sept20 

Seins nus. Sous les pavés, la plage.

Pour ou contre les seins nus sur la plage ?
Un fait divers estival inhabituel a marqué l’actualité récente sur les plages roussillonnaises.
A Sainte-Marie la Mer, dans les PO donc, des gendarmes ont demandé  à des femmes adeptes du bronzage seins-nus…de se couvrir.
Ce fait banal, bien que surprenant, a forcément fait le tour des réseaux sociaux.  Car quoi qu’on puisse penser ou dire, à ce jour, sur cette plage, rien n’interdit le « topless », autre expression décrivant l’abandon de la partie supérieure du bikini.

Cette requête de la maréchaussée s’apparenterait donc à un abus de pouvoir. Et l’occasion de remettre en place les représentants de la loi  est trop rare pour qu’on la rate. Jusqu’au maire de  Sainte-Marie qui a publié une mise au point, rappelant qu’ il n’existe aucun arrêté interdisant cette pratique sur les plages de sa commune. Un maire suffisamment avisé pour comprendre cela serait préjudiciable pour sa commune et le tourisme balnéaire si le bruit venait à courir que l’on y traque le bronzage seins nus.

En tout cas, en voilà un beau sujet de polémique, qui était tombé aux oubliettes. Malgré les  talibans et les ayatolahs en tout genre qui sévissent en tous lieux, plus grand monde n’osait dire, en bon tartuffe et en citant Molière, « Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées ».

En effet, dans l’après mai 1968 et avec la grande mode de slogans comme « il est interdit d’interdire » et « sous les pavés, la plage », un esprit de libération sexuelle avait suivi, essentiellement dans les années 1970.
Avec entre autres, la fin de la censure cinématographique et la profusion soudaine des films érotiques. La tolérance des seins nus sur la plage en était probablement une conséquence. Ce qui effectivement, avait été interdit auparavant devenait autorisé ! Magnifique symbole de liberté pour les femmes, ou au moins les féministes les plus virulentes qui, parfois, avaient publiquement brulé leur soutien-gorge en signe de défi.  Et cette nouvelle mode avait connu un succès fulgurant.

Il a fallu les années 90 et surtout 2000 pour voir renaitre une certaine pudibonderie, venue notamment des USA.
Certes, les années 1980, les années SIDA, ont vite mis un frein à la libération sexuelle de la décennie précédente. Ajoutez-y l’apparition des intégrismes de tout bord, politique et religieux, et vous avez les conditions idéales pour un magnifique rétropédalage.
Alors depuis, sur les plages, on est parfois passé du presque nu au …trop habillé.
Et que certaines personnes se soient offusquées de voir des seins nus sur ces plages et l’aient faire savoir, ce n ‘est plus surprenant.

Mais la loi reste la loi. Et qu’une remontrance provienne des forces de l’ordre, là non, ce n’est pas admissible.
Il faut le dire clairement et sans fausse honte : cet héritage-là de mai 68 n’est pas, à ce jour, remis en cause.

Chez nous, le monokini a encore droite de cité, ou plus exactement, droit …de plage.    

 

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