Il y a quelques jours a eu lieu en France une mobilisation en faveur des langues dites régionales, avec un cortège de manifestations diverses.
Etaient concernées, naturellement, les régions où existent de telles langues, la Bretagne, le Pays Basque, la Catalogne nord, c’est-à-dire les Pyrénées Orientales, et également la région Occitanie, mais pas seulement puisque l’extension de la langue occitane dépasse largement les frontières de cette région.

Dans le cadre de cette chronique, je me limiterai à notre terroir, donc à l’occitan et au catalan.
En soulignant d’abord que la situation est différente entre l’Aude et   les PO, pour des raisons historiques ; le Languedoc est français depuis le 13 ° siècle, alors que le Roussillon ne l’est que depuis le milieu du 17° siècle.
Avec un point commun toutefois, dans l’Aude comme dans les PO, le français est la langue officielle, comme dans l’ensemble de la république.

Ce qui n’empêche pas le catalan, sous sa forme roussillonnaise, et l’occitan languedocien, de continuer à vivre. Oh, « vivoter » serait sans doute un terme plus exact, car la république jacobine s’est toujours efforcée d’étouffer ces langues. Par centralisme et par crainte politique que leur survie n’entretienne des particularismes et des velléités d’autonomie, voire d’indépendance.
Bref, l’antagonisme ne s’est jamais estompé, ainsi que la méfiance qui va avec. Et avec des hauts et des bas.
Le mouvement de soutien à ces langues est redevenu d’actualité à la suite d’un vote récent au parlement en leur faveur. La loi dite Molac, initiée par un breton, devant permettre un plus large enseignement, et plus encore, un enseignement en immersion. C’est-à-dire la possibilité d’utiliser ces langues à l’école pour enseigner d’autres matières, par exemple l’histoire, ou la chimie.

Une éventualité que le Conseil constitutionnel a jugé …anticonstitutionnelle !  La constitution française stipulant que le français est la langue de la république. Sous-entendu, la seule langue considérée comme appropriée à un enseignement sérieux ! Ce qui est, rappelons-le, la situation depuis des siècles, en fait, depuis la révolution de 1789.
Et c’est ce qui a motivé ces manifestations de protestation chez nous.

Une remarque, au passage…
D’une part, ces langues régionales sont aujourd’hui enseignées dans certaines écoles, les bressolas en Roussillon et les calandretas en Occitanie, par exemple. Un phénomène très minoritaire en nombre, mais qui existe.
D’autre part, s’attendre à ce que l’Etat français change d’optique et se mette à encourager ces langues régionales, c’est naïf, car ce n’est pas du tout dans sa pratique, et cela depuis plusieurs siècles, je le redis.
Enfin, au bout du compte, il faut aussi être capable de faire son autocritique. Si l’Etat français n’encourage pas les Occitans à parler occitan, il n’a pas non plus la capacité de le leur interdire.

Or, il faut bien reconnaitre qu’il n’y a pas, chez nous, de volonté populaire et politique de pratiquer la langue occitane.
Et guère plus du côté roussillonnais. Tendez l’oreille dans les rues de Perpignan, vous entendrez rarement parler catalan.

Alors, peut-être qu’il serait plus efficace, au lieu d’attendre de Paris un hypothétique feu vert, de prendre le taureau par les cornes…et plutôt que de parler de l’occitan et du catalan, de parler l’occitan et le catalan.
A condition de le vouloir !

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