Décidément, M. Macron n’a pas de chance avec ses ministres de l’intérieur…non plus.

Trois en 3 ans, et rien ne garantit que l’actuel, Gérard Darmanin, habitera longtemps Place Beauvau.

Pour la gestion du covid 19, au moins, on peut argumenter que les cafouillages successifs que vit la France sont dus en partie à l’incertitude du corps médical sur la pandémie, avec ses contradictions flagrantes parfois exposées en long et en large à la télévision.
Mais en matière de politique de l’intérieur, pas de bouc émissaire facile à nommer : la sécurité, la tranquillité, l’ordre, c’est l’affaire de la police… et des gouvernants. Même si ça semble aussi compliqué et ingérable que le covid 19.  

D’abord il y eut Gérard Collomb. Maire de Lyon ayant quitté le PS, un des premiers à soutenir Emmanuel Macron dans son ascension vers le pouvoir, il voulait le ministère de l’intérieur, il l’a eu; en récompense. Dire qu’il y a brillé serait très exagéré. Et il a voulu lui-même en partir pour aller, lors des élections municipales, tenter de reconquérir la ville de Lyon et si possible, la présidence de la  Métropole. Echec sur tout la ligne, sur ce plan-là.
Entretemps, Christophe Castaner, avait pris la succession. Période rude, marquée par de multiples manifestations, et des violences policières, essentiellement à Paris, comme il s’en produit généralement lors de tels évènements. Et d’interminables polémiques sur le fait que la police française serait raciste, avec de la part du ministre, une incapacité flagrante à faire face à la complexité du problème. Jusqu’à nier des évidences avec une maladresse déconcertante. Lui aussi, a été remplacé.

Exit Castaner, entrée en scène de Darmanin.
Les deux précédents étaient issus de la gauche, du PS, lui, il vient de la droite, disons sarkoziste.
Mais lui aussi commence par nier que la police puisse commettre des bavures, des dérapages, avant de rétropédaler et de livrer une analyse un peu plus nuancée. Bref, lui aussi, à peine arrivé, se prend les pieds dans le tapis. Pire encore, en voulant faire une nouvelle loi sur la « sécurité globale » sensée protéger les policiers notamment lorsqu’ils sont pris à partie sur les réseaux sociaux, il trébuche lourdement sur un article, le 24, qui déclenche immédiatement une nouvelle vague de manifs dans tout le pays. Un épisode accompagné, quel manque de chance, par une démonstration de violence policière filmée et exposée à tous les médias.

Et on revient à la case départ, puisque le président Macron, via son premier ministre, envisage de faire réécrire cette loi en discussion. Et devinez qui contribuera, entre autres, à cette réécriture ? M. Castaner lui-même, redevenu entretemps député et responsable du groupe la République en Marche à l’assemblée. Ça ne s’invente pas !

Bref, un scénario croquignolesque…pour un problème qui pourtant, ne prête pas à rire.
Et quand je disais que M. Macron  n’a pas de chance avec l’intérieur, je ne suis même pas sûr de dire vrai.
Car figurez-vous qu’au milieu de cette pagaille répétitive, le président voit monter …sa cote de popularité. Si, si, les sondeurs l’affirment !

 

 

 

 

 

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