Il y a quelques jours, je lis, dans l’Indépendant Narbonne, à propos d’un sujet très récurrent depuis plusieurs semaines, cette manchette : « Ils défendent la directrice du théâtre ».
Il s’agit du théâtre Scène nationale de Narbonne, qui est aujourd’hui communautaire, c’est-à-dire géré par le Grand Narbonne.
Un établissement dont la directrice, parait-il, serait sur le départ, car il y aurait, je cite le journal,  « incompatibilité de personnes » entre elle et le président du Grand Narbonne, Didier Mouly.

Ce qui est certain toutefois, c’est que d’une part, ce théâtre est sous la tutelle d’une association loi 1901, c’est statutaire pour les Scènes Nationales. Un label qui permet notamment un financement d’Etat, par le biais du Ministère de la Culture.
Mais en matière de finance, il faut préciser également que c’est le Grand Narbonne qui apporte la plus grosse part, près d’un million d’euros par an, rien que pour le fonctionnement.

Dans la vie courante, ici et ailleurs, celui qui paie est le patron, ou au moins, il a largement voix au chapitre.Ce qui ne semble pas être le cas à Narbonne, et le président Didier Mouly, dès qu’il a pris sa fonction en juillet dernier, a souhaité mettre les choses au clair.
Il est vrai que le label scène nationale implique certaines contraintes en matière de politique culturelle, avec une indépendance affirmée de la direction. Mais, on vient de le rappeler, quand on est dans un bâtiment qui appartient à une communauté d’agglomération, et que la-dite agglo est le principal financeur, il faut bien s’attendre à ce que celle-ci exige de se faire entendre, statut scène nationale ou pas.

Certaines personnes estiment que le mode de gestion, l’association loi 1901, est inadapté à cette structure, et qu’il vaudrait mieux que ça soit fait par un EPCC, par exemple, un établissement public de coopération culturelle.
Peut-être, mais en lisant l’article du journal, je trouve une phrase qui me convainc que le problème de fond est ailleurs.
Selon un membre de l’association des adhérents du Théâtre + Cinéma, « on a surtout l’impression qu’il y a une grande confusion entre la culture et le loisir. On veut flatter les goûts du public alors qu’une scène nationale se doit de donner une vision ouverte de la création contemporaine dans de multiples domaines ».

Voilà, je crois, la cause de l’incompréhension : on ne parle pas la même la langue !
Le débat est éternel ; pour certains, la culture, ce n’est pas le loisir. Ce qui laisse entendre que la Culture, avec un grand C, ça peut, ou même ça doit, avoir quelque chose de rébarbatif.
Comme on parle maintenant d’écologie punitive, faudra-t-il envisager le concept de culture punitive ?

En tout cas, il ne faut pas être surpris de voir des responsables élus, qui veulent flatter les goûts du public, se heurter à des gens qui confondent, eux, culture et élitisme. En trouvant normal que ceux qui vont au théâtre par simple loisir paient, par leurs impôts, pour ceux qui veulent y trouver de la création contemporaine… fut-elle peu prisée par le grand public.
Sauf que les élus gèrent l’argent public, et on ne peut pas leur reprocher d’avoir cette préoccupation-là.

           

 

 

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