LA CHRONIQUE de JC Julès  31 aout 20

Coronazivirus. Polémique made in Perpignan.
Comme le savent les Perpignanais, le 28 juin dernier Louis Aliot a été élu maire de la ville, battant le maire sortant Jean-Marc Pujol avec 53% des voix. Louis Aliot est un des représentants les plus en vue du Front National  depuis pas mal d’années, et avait été élu député de Perpignan avant de conquérir la mairie.

Même si celui-ci a présenté une liste qui n’est pas exclusivement composée de membres du Rassemblement National, son installation à l’Hôtel de ville n’a pas plu à tout le monde dans le landerneau politique.
Très récemment, une publication sur Facebook l’a mis en cause et l’a fait réagir avec vigueur. Elle émanait d’un autre maire des PO, celui de Maury, Charles Chivilo.

Le maire de PPN a publié dans la presse locale des publicités pour inciter les habitants au port du masque en centre-ville,  et, je cite « casser la chaîne de contamination ». Comme l’ont fait d’autres maires.
Dans la foulée, M. Chivilo, qu’on pourrait qualifier de centre-gauche, a eu le bon goût de publier sur son facebook le texte suivant : « Contre le nazivirus, 60 millions de morts au siècle dernier, ensemble bloquons la contamination ».
Evidemment, si la prose n’est pas de top niveau, l’allusion est claire et Louis Aliot a bien perçu le message. Et l’a très peu apprécié.

Selon un article du 26 août paru dans notre confrère l’Indépendant, l’argument de défense de l’auteur, Charles Chivilo, est celui-ci : cette délicieuse boutade n’était pas destinée au grand public mais seulement à ses amis de facebook. Amusant, cette notion de publier un truc dans les réseaux sociaux en pensant que ça restera confidentiel !
Pour rester  au niveau du jeu de mots, l’auteur devrait savoir que quand on s’amuse avec le coro-nazivirus sur facebook, cela aura un effet…viral. Par ailleurs, M. Chivillo, selon le même article de presse, se qualifie de « petit lanceur d’alerte ». Modeste, en plus.

Louis Aliot, jugeant ce post Facebook diffamatoire, je cite, « se réserve le droit de donner des suites judiciaires à ces propos tenus publiquement ». On verra ce qu’il en sortira.

Mais ce qui est confirmé avec brio dès aujourd’hui, c’est que les réseaux sociaux sont d’excellents outils pour répandre, à la vitesse de la lumière, les pires âneries.
Et que parmi ceux qui devraient le plus s’en méfier, il y a les politiques, les élus, dont les paroles sont forcément scrutées  par les citoyens qui leur confient la gestion des affaires publiques.
Et qu’en plus, ne pas savoir résister aux jeux de mots ringards est pour eux une circonstance aggravante.

Certes, comme le rappelle l’article de presse, M. Aliot ayant beaucoup servi J-Marie Le Pen, cela peut rappeler certains des pires jeux de mots provocateurs de l’ancien leader du Front National, et notamment, son Durafour crématoire en 1988. Les réseaux sociaux n’existaient pas encore, mais les caméras et les micros ne laissaient rien échapper, et M. Le Pen savait en user, et en abuser.

Aujourd’hui, c’est Facebook. Mais faut-il en faire un facebook-émissaire ?

 

 

 

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