L’Arena de Narbonne va-t-elle devenir l’Arena de Narbonne-Perpignan ?

Qui se souvient de la polémique qui a accompagné à Narbonne la construction de cet édifice ?
Lorsque le maire de la ville a fait savoir qu’il allait construire une grande salle polyvalente sur un terrain faisant partie du parc des sports, on assista immédiatement à une levée de boucliers de la part de l’opposition municipale et des écologistes qui sont devenus ensuite les Robins-Robines.

Une contestation qui prit diverses formes, manifestations au stade sur l’emplacement prévu, recours au tribunal administratif pour tenter de faire annuler la construction, et un flot de paroles et parfois de critiques virulentes.
Sans qu’on sache clairement à quoi on s’opposait : à la construction elle-même, notamment à cause de son prix, ou à l’endroit choisi par la mairie, un coin du parc des sports. Au motif qu’on allait empêcher les Narbonnais de continuer à profiter de leur grand espace vert.

Bref, avec le recul, des motifs qui valent ce qu’ils valent, mais après tout il est normal dans une démocratie que l’opposition s’oppose, ne serait-ce que pour démontrer qu’elle existe, et qu’elle prépare bien les prochaines élections.
Le maire, lui, campait sur ses positions, d’autant plus qu’il rappelait qu’un tel projet faisait partie de ses engagements de campagne.
Le tribunal administratif ayant donné un jugement mi-chèvre mi- chou, la construction se poursuivit et s’acheva, et on connait la suite.

Certes, le covid 19, apparu quelques mois à peine après l’ouverture,  a empêché la salle de donner sa pleine mesure et il est prématuré de faire un bilan. En soulignant aussi qu’une telle construction est un pari sur l’avenir, et que seul l’avenir dira s’il a été gagné ou pas. Mais on a déjà pu voir dans une première phase que les prédictions sombres des opposants ne se sont pas réalisées.
Cette salle devait s’avérer un gouffre financier à terme car le public ne serait pas au rendez-vous. Certains prévisionnistes au doigt mouillé osaient même avancer des chiffres catastrophiques sur la fréquentation future.
Or, pendant les quelques mois où l’Arena de Narbonne a pu exercer sa compétence, le public a répondu présent.
Et aujourd’hui, la ville de Narbonne possède une salle polyvalente, qui permet d’accueillir le sport et le spectacle jusqu’à près de 5000 personnes.
Autant dire, la possibilité d’organiser des évènements d’une taille respectable que les villes voisines n’ont pas, les seules concurrentes à ce jour étant Toulouse et Montpellier.
Et ne voilà pas, sorte de cerise sur le gâteau, que l’on apprend que Perpignan, qui avait un projet comparable au Vernet,  jette l’éponge.
C’est en tout cas ce qu’a annoncé le maire, Louis Aliot, lors du dernier conseil municipal.

Conséquence évidente, une concurrente potentielle de l’Arena de Narbonne est hors course, ce qui, immanquablement renforce l’attractivité de l’aire narbonnaise en matière de capacité d’accueil de spectacle. Certes, Perpignan, comme d’autres villes voisines de Narbonne, possède bien d’autres lieux de culture et de spectacle. Mais pas une salle de cette capacité, et l’annonce du maire de Perpignan ne peut que favoriser l’Arena narbonnaise.
Car pour voir certains spectacles, les Catalans n’auront d’autre choix que de venir à l’Arena…de Narbonne.

 

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