Le décollage, puis l’arrimage, furent copieusement médiatisés. Et, comme il y avait un Français dans le coup, populaire de surcroit, en France la médiatisation tourna parfois à l’idolâtrie, avec des cocoricos à outrance. A en oublier que c’était une opération internationale, dans laquelle notre pays ne jouait, somme toute, qu’un rôle mineur.
Mais aujourd’hui, Thomas Pesquet astronaute superstar, est  d’une part, bien français, et d’autre part, il est incontestablement méritoire et son rôle de commandant de la nouvelle équipe de l’ISS,  la station spatiale internationale, lui sied à merveille.
Pourtant, il faut modestement le rappeler, ni la station, ni la fusée qui les a transportés ne sont françaises. Il s’agit bien, comme à la grande époque, d’un programme essentiellement américain, c’est la NASA qui pilote.

Mais plus la NASA de jadis ! Car les choses sont aujourd’hui bien différentes. Un bon demi-siècle après que des Américains aient foulé le sol lunaire, l’intérêt pour l’espace avait largement faibli.
La raison était évidente : ces vols spatiaux coûtaient les yeux de la tête, et même un pays puissant comme les USA avait considérablement réduit la voilure.
Cela signifie-t’il que le contribuable américain doit de nouveau alimenter copieusement la caisse de la NASA ? Non, on n’en est plus là.
Depuis « le petit pas pour l’homme et le grand pas pour l’humanité », il est survenu un profond bouleversement; le développement faramineux de l’informatique d’abord, puis de l’internet.
Avec l’apparition de fortunes colossales, toujours au pays de la NASA, nées, justement, de l’informatique et de l’internet.
Et comme par hasard, ce sont certains de ces nouveaux riches qui sont à l’origine du renouveau de l’aventure spatiale « made in USA ».

Ainsi notre brave Thomas Pesquet s’est envolé avec son équipage dans une fusée Elon Musk.
Ce nom, déjà célèbre, forcément, aux Etats-Unis, ne vous est peut-être que vaguement familier ?
Eh bien sachez que c’est aujourd’hui l’homme le plus riche de la terre. Ce Sud-Africain de naissance, qui a fait fortune aux USA et y vit, a commencé il y a 30 ans à gagner beaucoup d’argent en vendant des logiciels. Puis, il y a une vingtaine d’années, quand explose l’internet, il crée la banque en ligne Paypal.
Et là, il décroche la timbale. Devient en quelques années multimilliardaire, touche à tout grâce à sa fortune, notamment à la voiture électrique avec la marque Tesla, et se prend à rêver d’espace, sans doute parce le monde lui parait trop petit.
Il crée la société SpaceX, qui se met à construire des fusées, celles-là même qui emportent les astronautes vers l’ISS.
Alors bien entendu, très vite il devient l’interlocuteur obligé de la NASA, qui fait appel à lui pour ses missions et signe avec lui un contrat.
Pour la petite histoire, sur ce même marché, Elon Musk s’est trouvé en concurrence avec un autre nouveau riche de l’internet. Mais il l’a devancé.
Ah, vous voulez savoir le nom de l’autre, du concurrent ?
Il s’agit de Jeff Bezos. Le PDG de… Amazon. 

Amusant de voir comment, après avoir conquis la planète en quelques années, internet se lance maintenant…à la conquête de l’espace.

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