Entre le Grand Narbonne et le théâtre, scène nationale, est-on en train d’assister à une scène de ménage ?

Sans vouloir jeter de l’huile sur le feu, il faut admettre que le torchon brûle.

Pour ceux qui suivent cela de loin, ça peut être une surprise. Mais les observateurs habituels de la vie politique narbonnaise, eux, savent que le problème n’est pas nouveau.

Sans vouloir tenter des comparaisons entre des époques, et des tutelles, différentes, il est indéniable que le théâtre du Grand Narbonne, n’a plus l’aura et l’attractivité de jadis.

Et la dernière session du conseil communautaire du Grand Narbonne a révélé au public un malaise tout aussi indéniable.

Certains estiment que le problème est dû au label « scène nationale ». D’autres, que c’est l’arrivée à la présidence du Grand Narbonne de Didier Mouly qui a déclenché l’affaire.

Pour tenter de se faire une idée aussi objective que possible, je commencerai par rappeler quelques faits.

D’abord, évacuons tout de suite le Covid 19 et la situation exceptionnelle que cela engendre. Le malaise est bien antérieur.

Le théâtre de Narbonne, construit lors de l’avant-dernier mandat de maire d’Hubert Mouly et inauguré au milieu des années 1990 a toujours eu ce label Scène nationale et les contraintes qui vont avec. Sans en minimiser les avantages. Il était alors un théâtre municipal.

Au début des années 2000, quand s’est mise en place l’intercommunalité, le successeur d’Hubert Mouly, Michel Moynier, a fait en sorte que ce théâtre passe sous la tutelle de la nouvelle communauté d’agglomération. Une agglo devenue depuis le Grand Narbonne, et gérée pendant 2 mandats, de 2008 à 2020, par Jacques Bascou.

Un Grand Narbonne qui est aujourd’hui le principal financeur, avec une subvention annuelle de fonctionnement qui approche le million d’euros, sans compter la maintenance du bâtiment.

Enfin, précisons que le label Scène Nationale a pour avantage une aide financière du ministère de la culture, mais des contraintes quant à la programmation, avec le choix de spectacles que certains jugent trop élitistes, et en tout cas peu attractifs pour le grand public.

Et effectivement, avec le temps, on constate que la billetterie est mal en point, ce qui confirme une désaffection du public.

Mais ça n’a pas toujours été le cas dans le passé, et parallèlement aux spectacles de type Scène nationale, ce théâtre a, jadis, souvent rempli ses 900 places avec des artistes populaires, chanson, théâtre, ou autre.

Alors pourquoi jadis, et plus maintenant ?

Tout est là. En arrivant à la présidence de l’agglo, Didier Mouly a pu mieux connaître la situation, et aujourd’hui, le reproche principal qu’il adresse à la directrice actuelle est sa rigidité, un manque d’ouverture et de bonne volonté vis-à-vis de la politique culturelle que veut mener le nouveau président du Grand Narbonne.

Bref, Didier Mouly veut bien continuer à payer, mais il veut… avoir voix au chapitre.

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