A la suite du gel, début avril, qui a fait des dégâts considérables chez nous sur certaines cultures, essentiellement la vigne et les arbres fruitiers, une visite ministérielle a eu lieu quelques jours plus tard.
C’est un classique, et ce genre de scenario se répète à chaque circonstance identique.
Sauf que, cette fois-ci, il me semble que les choses se sont passées différemment.

Habituellement le ministre de l’agriculture vient faire sa tournée, il annonce le déblocage de quelques fonds, que tout le monde ou presque trouve insuffisants, et il repart à Paris. Laissant sur le terrain un sentiment de frustration et de mécontentement très palpable.
Eh bien, apparemment, pas cette fois-ci !

D’abord, le 17 avril, le ministre de l’agriculture est venu accompagné, excusez du peu, du premier ministre lui-même, Jean Castex.
Mais surtout, à l’issue de la visite bi-ministérielle et des annonces de soutien faites par le gouvernement, je n’ai pas trouvé dans la presse la moindre voix discordante pour déplorer une inadéquation des aides proposées.
Et ça, ça se remarque.
Qu’il s’agisse des syndicats ou des consulaires concernés comme la chambre d’agriculture, que ce soit dans l’Hérault, l’Aude ou les Pyrénées Orientales, chacun s’accordait pour approuver, et apprécier, les annonces faites par M. Castex.

Est-ce le chiffre mythique de 1 milliard d’euros mis sur la table ? Un chiffre, il faut le souligner, qui concerne l’agriculture de la France toute entière, pas seulement notre région.
Est-ce la présentation précise du plan d’aide, envisageant plusieurs phases, l’urgence, mais aussi le suivi à moyen terme, et le regard sur le long terme.
Avec la nécessité de revoir le système des assurances agricoles, tant il apparait que ce genre de calamités devient plus fréquent que par le passé.
Et, bien entendu, transition écologique oblige, la contrainte incontournable  de tenir compte du réchauffement climatique. Avec, comme solutions possibles pour maintenir chez nous, une viticulture digne de ce nom, des cépages nouveaux, plus adaptés à un climat plus sec et plus chaud, et peut-être aussi, plus capricieux. Autre conséquence, pallier au manque d’eau par un système d’irrigation.
Autant de choses qui ne pourront pas se faire sans une vision politique sur le long terme et sans l’aide de l’état.
Et qui ont été clairement évoquées par Jean Castex, augmentant la crédibilité de ses annonces.

Est-ce cette alchimie-là qui a prévalu ?
En tout cas, je le redis, la manière dont se sont passées les choses a été très inhabituelle. En espérant que ceux qui ont marqué leur satisfaction ne seront pas trop déçus quand il s’agira de passer à l’action concrète.
Et en se disant aussi, pour être optimiste, que Jean Castex, énarque parmi les énarques, a peut-être, pour le distinguer de cette caste à la fois arrogante et très conformiste dans son comportement, ce petit plus : il vient du Gers, un département rural, agricole.  Donc, il possède des connaissances concrètes et un ressenti qu’il n’a sans doute pas appris à l’Ena.

Et là, ce petit plus serait devenu … un énorme avantage.

 

 

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