En France, ce n’est pas une obligation légale ; mais on dit souvent que c’est quand même un devoir, du moins au plan moral. Je veux parler du vote.
Hier, certains d’entre vous ont voté. Deux fois, même. Mais comme il fallait s’y attendre, la participation fut loin d’être massive.
On peut toujours tenter de l’expliquer par diverses raisons ; le covid 19, la chaleur, et de toute façon, les élections départementales mobilisent rarement. Ce qui, il faut le souligner, est très paradoxal, car avec les municipales, ce sont les élections de proximité par excellence, celles qui sont le plus favorable à la démocratie participative.
Qu’elles soient jumelées avec les régionales, pour la première fois d’ailleurs, n’y a rien changé.
Pourtant, là encore, ce n’est pas une mauvaise chose en soi. Profiter d’un déplacement unique pour voter 2 fois, c’est rationnel.

Par contre il y a dans cette affaire des choses beaucoup moins rationnelles, et qui, probablement, n’incitent guère les citoyens à se mobiliser : le système électoral des 2 types d’élection. Non seulement ils sont complexes, mais en plus, totalement différents. A se demander qui s’y retrouve.

Pour les départementales, jadis les cantonales, on vote pour des candidats représentant des cantons. Mais attention, des paires de candidats, des binômes homme-femme selon l’appellation contrôlée et protégée. Ils seront donc deux élus par canton.
Pour être élus, ça, c’est logique, il leur faudra la majorité absolue au premier tour, ou relative au deuxième tour. Mais attention, pour avoir le droit de se présenter au 2° tour, il leur faudra atteindre le seuil de 12,5%. Pas des suffrages exprimés, mais des inscrits. Avec quelques dérogations. Vous suivez ?

Maintenant pour les élections régionales, on vote pour des listes régionales, mais selon une répartition départementale, le nombre de candidats variant selon la population de chaque département.  Là encore, pour être élu, la règle, c’est la majorité absolue au premier tour, ou relative au second tour.
Mais attention, pour y être, au second tour, il faut aussi atteindre un seuil ; 12,5 % comme pour les départementales? Non, là c’est seulement 10 %. Et pas des inscrits, mais des suffrages exprimés.  Et si une liste a fait 5 %, elle peut fusionner avec une autre; sinon, elle est éliminée. Vous suivez toujours ?

Désolé, mais la torture n’est pas finie. La liste qui arrive en tête obtient seulement le quart des sièges à pourvoir ; et le reste est réparti de manière proportionnelle. Ainsi, chez nous en Occitanie, on arrivera à 158 conseillers régionaux. Qui, finalement, éliront le président de la région lors de la première séance.

Il est vrai que le votant lambda, en mettant son bulletin dans l’urne, n’a généralement pas le souci de ces affreuses complications.
Mais d’une part, un peu plus de clarté rendrait sans doute le vote plus attractif. Et d’autre part, on est bien obligés de se poser des questions sur le pourquoi d’une telle complexité. Et sur le sens des réalités de nos gouvernants successifs ainsi que leur volonté de faire vraiment participer le peuple à la vie démocratique.

Si au sommet de l’état il y a une volonté, inavouée bien sûr, de dissuader les citoyens de venir voter tout en prétendant le contraire, alors, il faut le reconnaître, c’est parfaitement bien orchestré.                   550

 

 

Partagez !