« C’est une révolte ? Non, Sire, c’est une révolution ! » Ces paroles, devenues historiques, ont été prononcées à Versailles au moment où le roi Louis XVI apprenait le soulèvement du peuple de Paris, un certain 14 juillet 1789.

Je n’irai pas jusqu’à faire une comparaison avec ce qui s’est passé samedi, 2° jour du confinement, lorsque quantité de maires ont décidé de prendre des arrêtés municipaux allant à l’encontre de la volonté du gouvernement.
Mais le mouvement de contestation qui est né à Perpignan et à Béziers s’est répandu comme un feu de garrigue. Dès samedi midi, le maire de Narbonne, Didier Mouly, à l’antenne de Grand Sud FM, faisait une déclaration dans ce sens.

L’arrêté vise à annuler la fermeture, pour cause de confinement, de certains petits commerces jugés non essentiels par le gouvernement. Alors, on le sait, que les grandes surfaces, elles, seront ouvertes comme avant.
Considérant que l’équité économique territoriale est bafouée, ces maires ont pris des arrêtés autorisant l’ouverture de ces commerces dans leurs communes respectives à partir de mardi.

Ces maires savent parfaitement que de tels arrêtés sont illégaux, et le délai annoncé pour leur application, mardi 3 novembre, laisse le temps au gouvernement de revoir éventuellement sa copie.
C’est donc un geste fort de révolte qui émane de ces maires, et un comportement nouveau dans cette crise du covid 19.
Tous ou presque dénoncent l’incohérence, l’injustice insoutenable qui tombe sur ces petits commerçants.

Les complotistes de tout poil affirment déjà que cela cache une volonté délibérée au niveau de l’état de favoriser les grands commerces et le commerce électronique, ce qui équivaudrait à une condamnation programmée du petit commerce.

Je me garderai bien, pour ma part, de croire à un tel dessein machiavélique chez les gouvernants. Mais franchement, la gestion de cette crise, les incohérences répétées, l’incapacité à tirer les leçons des premières erreurs, tout cela n’incite pas à l’indulgence et affaiblit la crédibilité des règles édictées.

La plus flagrante étant l’ouverture sans restrictions des supermarchés et hypermarchés. Comme si, à mesures sanitaires comparables, la promiscuité qui y règne était moins dangereuse que le passage de quelques clients dans une petite boutique ou un salon de coiffure.

On peut évidemment considérer que cette jacquerie de maires est surtout un coup politique, malvenu dans une période difficile. Mais « en même temps »,  que des maires se soucient d’équité républicaine et de l’avenir des petits commerces de leur commune, quoi de plus normal ?

Quelle que soit la décision finale du gouvernement, ce mouvement soudain de défiance risque fort de marquer la suite de la crise, et aura démontré que les incohérences de certaines décisions parisiennes ne passent plus au niveau des « territoires », comme on dit en langage macronien.

 

 

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