En suivant l’actualité, je me demande souvent à quoi sert la loi dans ce pays ? A définir ce qui est permis ou interdit, et les sanctions encourues quand on ne respecte pas cette loi, ou alors, plus insidieusement, à entamer des débats médiatico-politiciens pour, comme on dit familièrement, noyer le poisson en amusant la galerie ?  

Deux exemples récents.

D’abord, une virulente attaque verbale contre une catégorie de gens provoque une indignation et une série de plaintes de la part de certains responsables politiques.

Ensuite, un commissariat en région parisienne est attaqué, non plus verbalement, mais concrètement et violemment, ce qui provoque une indignation chez les policiers et leurs syndicats.

Dans les deux cas, ce qui semble primer n’est pas l’action concrète qui suit, mais une médiatisation théâtrale.

Un journaliste qui fréquente beaucoup les télévisons, et qui adore et cultive la provocation, fait le buzz en lançant des formules diffamantes envers ce qu’on appelle les « mineurs non accompagnés ». C’est-à-dire essentiellement des adolescents qui ont fui leur pays et se réfugient en France, ou ailleurs. Il les qualifie de « violeurs, voleurs » et que sais-je encore ? 

Il se trouve que ce sont les départements qui ont la charge de les accueillir, ou les recueillir.

En réaction, un président de conseil départemental porte plainte, vite suivi par d’autres, jugeant que ces propos sont une incitation à la haine, et, comme on dit, « tombent sous le coup de la loi ».

Rien d’anormal jusque là. Sauf que très vite, la plainte est médiatisée,  et chacun entre sur la scène. En espérant ainsi être applaudi par le public, ou au moins son public, ses fans.

Mais, immanquablement, en faisant aussi au journaliste en question, une énorme publicité. Vous remarquerez au passage que je n’ai pas cité son nom, volontairement.

Ce qui devrait se limiter à un tribunal, devient une polémique politique de plus, la gauche se proclamant scandalisée et l’extrême-droite brandissant la liberté d’expression.

Ce qui prend le dessus dans l’esprit du public, c’est l’affrontement politique. Alors que l’application de la loi devrait être le seul élément à prendre en compte, elle devient secondaire. 

Même chose après l’attaque de ce commissariat de Champigny. Est-il besoin de souligner que c’est un geste grave, qui lui aussi, tombe sous le coup de la loi ? Et que c’est l’affaire de la police et de la justice, un point c’est tout.

Eh bien non, il faut que les syndicats rencontrent le ministre de l’lntérieur, et s’exposent devant les micros et les caméras.

Pourtant, cette affaire est symboliquement gravissime quant aux fonctions régaliennes de l’Etat. Pour parler plus franchement, on donne là l’image d’un Etat  qui n’est pas fichu de maintenir l’ordre chez lui ! Bref, d’un Etat de droit…qui répugne à appliquer ses propres lois !

Dans l’attaque de ce commissariat, tout ce qu’en retiendra l’opinion publique, c’est un problème de revendication syndicale de la police.

Moi, bêtement, j’aurais cru que dans une telle situation, la priorité fut la loi, toute la loi, rien que la loi ! Sans micros ni caméras.

 

 

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