Janvier, chacun le sait, c’est la période des vœux. Essentiellement des vœux pieux car si souhaiter est une chose, réaliser, concrétiser, en est une autre.
C’est aussi une période où sévissent et prolifèrent les prévisionnistes, les prophètes d’opérette, ceux qui nous fournissent gracieusement leurs scénarios de ce qui nous attend demain.
Evidemment, un grand sujet d’interrogation, d’inquiétude, d’angoisse même, c’est l’après Covid.
Que chacun soit perturbé par les incertitudes d’une situation que personne ne maitrise, y compris les gouvernants ici et là, c’est bien naturel. Et que beaucoup de gens soient affaiblis psychologiquement et prêts à croire le premier Jésus qui passe, ça crève les yeux.
Raison de plus pour se méfier de ces alchimistes qui ont l’art de transformer les incertitudes en certitudes.
Que ce soit dans le domaine scientifique, économique ou sociétal, comment sera demain, c’est toute la question. Sans doute pas rose. Mais faut-il pour autant noircir le tableau ?
En restant rationnel, il y a aussi des éléments auxquels on peut se rattacher avec quelque confiance.
Le domaine scientifique, médical en l’occurrence.  Il est vrai qu’on ne sait pas vraiment comment évoluera la pandémie, surtout après avoir entendu quelques célébrités médicales s’étriller entre elles. Mais d’un autre côté, l’arrivée d’un vaccin sur le marché en un an, ça révèle dans nos sociétés de formidables compétences, des talents, même si le soupçon de privilégier le business n’est jamais à écarter totalement.
Avec un iota de bon sens, on doit pouvoir comprendre qu’il est immensément plus facile de contester que de travailler dans un laboratoire pour élaborer un vaccin. Si on met en balance la valeur, le talent de ces camps opposés, on sait bien de quel côté ça va pencher.

Sur le plan économique, là encore, on a pu constater souvent que les économistes ont l’art de prévoir les choses, mais seulement après coup. Donc, pour l’après crise, bien malin qui peut décrire précisément le, ou les, scénarios possibles.
Quelle sera la longueur et la sévérité de la crise économique qui va suivre ? Celle-ci est bien différente, dans ses causes, de la précédente de 2008. Mais des crises économiques, on en a connu et surmonté d’autres. Et nos sociétés européennes font partie des meilleures dans l’exercice de la solidarité.

Reste la société, les gens ; et les effets psychologiques et sociaux des confinements, des restrictions et des pressions diverses auxquelles il a fallu, et il faut encore, faire face.
Faut-il s’attendre en conséquence à un bouleversement chez l’homme?  Certains le croient. Ou font semblant de le croire.
En s’appuyant cette fois sur l’histoire et non plus sur la science, que sait-on ?
Que le 20° siècle, par exemple, a imposé des bouleversements dramatiques à des millions d’hommes : une guerre avec 60 millions de morts, d’énormes populations déplacées, déracinées, des régimes politiques criminels jusqu’à une échelle insoupçonnée, etc…

Cela a-t’il engendré un homme nouveau ?
Je pose la question, rien de plus.

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