LA CHRONIQUE de JC Julès  17 août20

Vacances masquées.

Traditionnellement, dans nos sociétés chrétiennes, Carnaval était la période des masques. En tout genre. Et des célèbres bals masqués, à Venise et ailleurs.
Il aura fallu la pandémie de Covid 19 et ses menaces de récidive pour que le masque s’impose à nouveau, mais cette fois, dans un contexte bien particulier.

En France, le port du masque est devenu obligatoire dans tous les espaces publics fermés, puis dans les rues, à certains endroits. Et à part une infime quantité de récalcitrants, parfois virulents, c’est maintenant acquis, entré dans les mœurs.
Mais quand même, pour ceux qui ont quelque mémoire, la situation est sinon drôle, du moins curieuse.
Il y a 5 mois à peine, le port du masque, à l’inverse, était quasiment banni pour le grand public. On entendait à la télévision certains experts, entre guillemets, vous expliquer doctement que c’était inutile et que ça pouvait même être nuisible si c’était mal fait.
A l’époque, la protection encouragée, c’était le port des gants et le lavage des mains.

On a largement compris, depuis, la vraie raison de cette …mascarade.
Le gouvernement était au pied du mur, dans une situation inextricable car des masques, il n’y en avait quasiment plus en France. Pas seulement pas sa propre faute, mais celle des gouvernements précédents qui n’avaient pas trouvé mieux dans leur grande sagesse technocratique que de ne pas renouveler les stocks.
En même temps qu’on faisait semblant de découvrir qu’en la matière, comme dans d’autres, nous dépendions totalement de la Chine.

Et quoi faire dans une telle panique ? Mentir, et faire mentir de grands experts pour avoir l’air crédible. Oui, ce fut pitoyable, on le sait maintenant.

Mais justement, nous ne sommes plus cinq mois en arrière, mais aujourd’hui.
En sachant ce qu’on sait, notamment que ce covid 19 a un comportement peu conforme à ce que prévoyaient les spécialistes.
Ce qui doit nous inciter à beaucoup de modestie et d’indulgence.

Aujourd’hui, est-il raisonnable, comme certains qui vont jusqu’à manifester, de contester le port du masque ?
C’est vrai que quand on a de la mémoire, on a le droit d’être  sceptiques. Et aujourd’hui encore, l’action du gouvernement reste hésitante et les règles complexes.
Mais dans la lutte contre le Covid 19, le corps médical tâtonne. Rien de surprenant  si le gouvernement  lui aussi tâtonne.

On peut au moins admettre que de porter le masque en public c’est, a minima, faire preuve de civisme. Si on ne se rassure pas soi-même, on rassure certaines des personnes que l’on croise ou que l’on côtoie. C’est déjà ça !
Et puis sur un plan plus personnel,  selon cette nouvelle argumentation des communicants et la corde sensible que l’on fait vibrer, le risque de contaminer ceux que l’on aime et notamment les séniors, tout cela mérite bien aussi quelques efforts.

Les vacances estivales masquées n’ont certes pas le charme des bals masqués. Nous sommes dans une situation où les certitudes n’ont plus cours. Mais il faut agir. Et cette fois-ci, sans masquer… la vérité.

 

 

 

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