C’est quand même un curieux feuilleton made in USA que l’actualité nous a fourni en ce début novembre. Trois jours, au bas mot, pour savoir le nom du président élu.
On a là le pays le plus puissant de la planète, à la pointe de l’innovation entre autres en matière d’informatique et d’internet, qui se révèle incapable de dépouiller ses votes en un temps raisonnable, comme le font la grande majorité des pays démocratiques.
Et je ne parle pas de la comedia del arte des caprices de Trump, président sortant et maintenant président sorti, avec ses tweets en rafales et ses sempiternelles menaces de recours en cascades.
Oui, il s’agit bien de la première puissance mondiale, encore aujourd’hui, sur les plans militaire et économique, un pays qui, à de nombreux égards, domine le monde actuel.

Mais il a aussi ses faiblesses, comme on vient de l’entrevoir. Par exemple, il a conservé un système électoral archaïque, qui a plus de 2 siècles mais qui est toujours en vigueur. Complexe et finalement, plutôt injuste sur le plan de la démocratie avec ses grands électeurs. Et qui, on semble l’avoir oublié, avait permis à Donald Trump de se faire élire président y a 4 ans avec 3 millions de voix de moins que sa concurrente, Hilary Clinton.
Qui avait aussi permis de faire élire un président fantasque, totalement incompétent et dangereux s’il n’avait pas eu pour le cadrer des institutions démocratiques et quelques hauts fonctionnaires de grande valeur.
Et cerise sur le gâteau, un homme qui sur le plan moral incarnait le triomphe de la tricherie, du mensonge et de l’irrespect des autres. Bref, une image bien peu reluisante de la grande Amérique, celle à qui il avait promis, par slogan électoral, de rendre sa grandeur.

Bien sûr, le gouvernement de l’Amérique est l’affaire des Américains, pas la nôtre, mais nous sommes, qu’on le veuille ou non, dépendants à un degré assez élevé de ce qu’est ce pays.

On peut comprendre que le soulagement de nombreux citoyens des Etats-Unis soit partagé par une grande partie du monde occidental.
Le cauchemar est fini, ou presque fini, car des frasques préjudiciables sont encore à craindre, et il faudra 2 mois et demi, encore un archaïsme, pour que le nouveau président soit vraiment le patron.

Mais il y a espoir, parce que, redisons-le, le pays a des institutions et des millions de citoyens qui défendent la démocratie et une certaine idée de l’humanisme. Y compris parmi les partisans de Trump.
Il y a espoir que cette puissance mondiale, malgré ses faiblesses et grâce à ses forces, retrouve le chemin d’une certaine normalité, en  assumant le rôle qu’elle a incontestablement conquis lors de la seconde guerre mondiale, de garant d’un équilibre mondial dont nous, Français et Européens avons largement profité à un moment de notre histoire.

Si les Ricains n’étaient pas là, vous seriez tous en Germanie,  chantait Michel Sardou dans sa jeunesse.
Pour les amateurs de fiction, un scénario à explorer : imaginons, rien qu’un instant, que les USA ne soient pas entrés en guerre en 1941. Entre Hitler en Allemagne, et Staline en Union Soviétique, que serait-il advenu de l’Europe ?
Ecrivains, à vos plumes.

 

 

 

 

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