Raciste, la police ?

S’il y a une chose que je ne parviendrai jamais à comprendre, c’est celle-ci : pourquoi faut-il que nos gouvernants successifs, quel que soit leur bord, s’efforcent de mentir en sachant que de toute façon, la vérité apparaîtra plus ou moins un jour, et qu’ils seront alors obligés de se dédire piteusement !

On peut mentir durablement dans un régime politique autoritaire ou dictatorial, mais Dieu merci, la France n’en est pas là. Si le régime démocratique français actuel a bien des insuffisances, il reste que chez nous, incontestablement, il y a assez de contre-pouvoirs qui fonctionnent pour que les mensonges, même officiels, soient vite démasqués.

Les exemples récents sont légion, et quand je dis « démasqués » vous voyez à quoi je fais allusion.

Le plus récent est cette polémique où M. Castaner, ministre de l’intérieur, fait semblant de ne pas savoir, et s’enferme dans le déni le plus obtus ; non, il n’y a aucun racisme et aucun raciste dans la police française !

Il affirme de manière absolue, persiste et signe, pour devoir admettre le contraire quelques jours plus tard. Quitte à se perdre dans une suite invraisemblable de tergiversations qui mécontent tout le monde.

Alors que dès le début, il serait plus crédible,  plus simple et surtout plus conforme à la démocratie, de dire la vérité, toute la vérité, dans toute sa complexité.

 Allons, allons, il y a sans doute des racistes dans la police française, comme il y en a partout, dans tous les secteurs, dans tous les métiers.
Mais ça ne veut absolument pas dire que toute la police est raciste.

Certes, la France est un pays où il est presque de bon ton, dans certains milieux, de se proclamer « anti-flic ».

Souvent de manière systématique, voire primaire.
Mais si on prétend exiger la vérité de nos gouvernants, alors il  faut aussi admettre qu’aucune vérité n’est simple, rien n’est tout blanc ou tout noir.

Toute vérité est au contraire complexe, nuancée, et, c’est vrai, plus difficile à expliquer qu’un mensonge simplificateur.

Pour en revenir à la police, si ses rangs renferment des gens racistes, d’abord, rien ne démontre qu’il y en a plus qu’ailleurs.

Ensuite et surtout, il y a aussi dans la police de grands professionnels, des gens qui portent des valeurs et croient dur comme fer en leur métier.

Et qui rappellent ainsi, au quotidien, que la police est une des fonctions régaliennes de la république, c’est à dire un des piliers sur lesquels repose tout état, et sans lesquels il est incapable de fonctionner.
Il n’est pas inutile de le rappeler, comme il est utile de rappeler que les policiers sont des hommes, qu’ils en ont les qualités et les défauts, et que fonction régalienne n’implique pas forcément qu’elle est assurée par des surhommes.

Toutes ces vérités-là méritent mieux, de la part d’un ministre, que des dénis simplistes  qui ne résolvent rien.                     
Et qu’en fin de compte, faire état de la complexité des choses est la moins mauvaise des manières de gouverner.

Enfin soyons certains que, au-delà de la posture, même l’anti-flic le plus convaincu et le plus irréductible est capable d’admettre ceci : oui, il lui est arrivé de rencontrer des policiers de valeur, conscients de l’importance de leur métier.

Et qu’ils constituent plus la règle… que l’exception.

 

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