LA CHRONIQUE de JC Julès  14 sept 20

Le lobby des écolos parisiens

Sous la 5° république, on dit souvent que les députés sont des godillots. C’est à dire qu’ils votent avec obéissance les lois que le gouvernement, et le président, leur disent de voter.
Le député de l’Aude Alain Péréa, qui fait partie de la majorité présidentielle, s’efforce, lui, de rappeler que certains d’entre eux ont quand même gardé une liberté de parole qui leur permet de regimber à l’occasion.
Et l’occasion, il l’a eue tout récemment à propos de la chasse traditionnelle, dont il est un ardent défenseur, malmenée à son goût par le lobby des écolos parisiens. Et il l’a fait savoir sur les réseaux sociaux, comme on dit.
Il existe, paraît-il, dans plusieurs départements provençaux, un moyen d’attraper les grives et les merles qui s’appelle « chasse à la glu ». Méthode semble-t’il tolérée en France à ce jour, mais que la nouvelle ministre de l’écologie veut interdire totalement.
Ce qui irrite M. Péréa, qui n’hésite pas à parler « de méthodes coloniales où on vient expliquer aux populations ce qui est bon ».
Je me garderai de prendre parti sur le fond, n’étant ni chasseur, ni provençal.
Mais sur la forme, il faut bien reconnaître qu’en France, rien ne change sur les méthodes de gouvernance et que, aujourd’hui comme hier, tout se décide à Paris, selon un système hyper- centralisé et bureaucratisé, par des gens peu au fait des réalités.
Quand il s’agit d’écologie, c’est encore plus incongru.
Ce que M Péréa appelle « les écolos parisiens », ce sont des  gens qui certes ne sont pas plus bêtes que d’autres, mais qui vivent à Paris, habitent le plus souvent des appartements, dans un univers  artificialisé de béton et de goudron et dans un entassement de population qui n’a rien d’écologique. Mais qui prétendent cependant  donner des leçons à des campagnards, qui eux vivent en prise beaucoup plus directe avec la nature, sur ce qu’ils doivent faire et ne pas faire.
C’est drolatique quand on a le sens de l’humour, mais parfaitement irritant  quand on est concernés par ces diktats.  

Que Paris décide de tout, c’est ainsi depuis des siècles.
Ces manières remontent évidemment à l’époque de la monarchie absolue. Seul Paris, (ou Versailles, ce qui ne changeait rien) avait la capacité de savoir et d’avoir raison.
Hélas, une fois la république installée, pas grand-chose  n’a changé. Le gouvernement par le peuple, c’est un concept séduisant, mais qui dans les faits est largement dévoyé. Et soyons clairs, si les décisions importantes sont toutes prises à Paris, n’allez pas croire qu’elles émaneraient du peuple de Paris.
Alors quand M. Péréa parle de « méthodes coloniales », c’est une formule provocatrice, mais qui n’est pas dénuée de vérité.
Il existe, à ce qu’on dit, une décentralisation qui octroie des pouvoirs à des élus locaux. Oui, jusqu’à un certain point. Qui s’arrête aux finances. Donc, au vrai pouvoir.
Essayez, en France quand vous êtes élu, de concevoir un projet quel qu’il soit et de le financer, de le mener à terme sans devoir quémander l’aide financière de Paris. C’est la capitale qui aura toujours le dernier mot.
Vous avez dit « méthodes coloniales » ?   

 

 

 

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