« Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission ».

La célèbre citation et recette de cuisine politicienne de Clémenceau a plus d’un siècle, mais elle reste plus pertinente que jamais.

Remarquons qu’une commission, ça peut prendre diverses formes, sous diverses appellations. Par exemple, aujourd’hui, ça peut se nommer « convention citoyenne pour le climat ».
La France reste championne dans certains domaines, comme celui-ci, l’art de créer des comités Théodule. C’est à dire des machins qui font parler d’eux, où l’on parle beaucoup, mais qui, au bout du compte, n’accouchent de pas grand-chose.
Et je crains que cette convention citoyenne pour le climat ne fasse partie de cette catégorie. Au demeurant, elle joue son rôle, masquer un problème. Ou même plusieurs.
D’abord, ce que l’on voyait venir se confirme cruellement. La République  en Marche a complètement raté les élections municipales. Essentiellement parce que la Macronie a négligé, depuis 3 ans, son implantation locale.
D’habitude, dans une élection locale comme celle-ci, le camp gouvernemental, droite ou gauche, est un peu chahuté et laisse quelques plumes. Mais son parti conserve néanmoins des villes importantes, parce qu’il est bien implanté sur le terrain. Pas seulement par ses réseaux sociaux, mais par ses réseaux humains.
Première leçon à tirer pour le parti du président Macron.

Ensuite, certes, il y a eu cette forte d’abstention, mais cette élection municipale a été marquée, c’est flagrant au deuxième tour, par une poussée verte.
Une sorte de vague qui peut soit vous emporter, ou  au contraire, quand on est stratège, sur laquelle on peut surfer.
C’est la formule qu’a choisie Emmanuel Macron. Il avait vu venir son fiasco aux municipales, et il lui fallait bien trouver une échappatoire.

Alors une convention citoyenne sur le climat, qui combine deux notions dans le vent, la participation citoyenne  et l’écologie, c’est une magnifique commission, dans le sens que lui donnait Clémenceau.
Moi, j’ai encore en souvenir de décembre 2015, la fameuse Cop 21 de Paris. Un splendide accord international visant à traiter l’urgence climatique. Certes, vite mise à mal par les USA et Donald Trump, entre autres. Mais comme ça a été signé à Paris, on pouvait penser, au moins, que la France le respecterait.

Et que les principales mesures préconisées seraient appliquées chez nous et ainsi l’écologie y trouverait son compte.
J’y avais cru, naïvement. Et j’en avais conclu que pendant qu’on travaillait sur l’écologie, on pouvait aussi éviter les parlotes inutiles.
De la naïveté, effectivement…Ainsi vont les choses autant dans le nouveau monde que dans l’ancien. En politique, il faut continuellement occuper l’espace,  amuser la galerie.

Le président a déclaré récemment, déconfinement oblige, qu’il fallait se réinventer.
Pour l’instant, il a choisi… de se reverdir.

Partagez !