La France, on ne le sait que trop, est un pays hyper-centralisé et sur-administré. Avec une ribambelle d’organismes dont personne ne sait vraiment à quoi ils servent, sinon à placer d’anciens politiciens en fin de carrière. Il existe même un vocable pour les désigner ; les comités Théodule. Alors que leur inutilité est souvent flagrante, aucun gouvernant n’a le courage de les supprimer, et pire encore, on continue à en créer.

En cette période de tâtonnement et de tergiversations quotidiennes sur la gestion du covid 19, c’est particulièrement navrant. Dans une telle situation, la confiance, basée sur la crédibilité, devrait être la notion prioritaire qui règne entre gouvernants et gouvernés. Or, on en est loin.

Il faut évidemment rappeler que les gouvernants, qui ne sont généralement pas des scientifiques, ont besoin de s’appuyer sur les conseils de spécialistes pour décider au mieux.

Seulement voilà, dans ce domaine-là, comme dans tant d’autres, il faut s’y retrouver. Rapide état des lieux.

D’abord, il y a au niveau national, naturellement, un ministère de la Santé. Qui d’ailleurs s’appelle aujourd’hui ministère des solidarités et de la santé. Ce qui change tout, vous en conviendrez !

Sous sa tutelle directe, des ARS, agences régionales de santé, dont le rôle, logiquement, est de gérer la politique de la santé dans les régions. Une certaine forme de déconcentration du pouvoir pour ces EPA ou établissements publics administratifs, selon le jargon technocratique.

Jusque là, on est dans la clarté et une quasi-normalité.

Mais il existe aussi un Haut Conseil de la Santé publique, crée en 2004, donc par un des gouvernements Chirac . Il est  « chargé d’apporter une aide à la décision au ministre de la santé, avec des rapports et des recommandations ». Dont acte.

Comme ça ne suffisait sans doute pas, en 2016, donc sous Hollande, est apparue l’Agence Nationale de Santé Publique, encore appelée « Santé Publique France ». Là aussi, c’est un EPA qui a pour mission « d’anticiper, comprendre, agir ».

Son efficacité devait être bien insuffisante puisque, dès l’apparition de la pandémie Covid 19, en 2020, sous Macron, donc, a été créé le Conseil Scientifique Covid 19. Probablement, là encore, pour anticiper, comprendre et agir.

J’arrête là l’énumération, bien qu’incomplète, car je ne voudrais pas ajouter au désarroi qui règne déjà dans le pays, en haut comme en bas.

Mais au moins une chose est certaine : vu la multiplicité des sources, il est bien difficile d’espérer limpidité et cohérence dans les conseils fournis aux gouvernants français ? La chose se confirme au jour le jour.

Pour s’y retrouver, souhaitons-leur…la santé.   

 

 

 

 

 

 

 

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