Voitures flambantes de la St Sylvestre. RAS.

Bien sûr, Covid oblige, ce fut une nuit de la Saint Sylvestre inhabituelle.
Les contraintes sanitaires émises par le gouvernement ont été largement suivies, et les attroupements traditionnels de fêtards du bout de l’an nettement moins nombreux.

Ce qui aura probablement été salutaire pour quelques centaines de voitures garées dans les rues de nos villes françaises, et qui, depuis fort longtemps, sont habituellement incendiées par quelques voyous qui ne trouvent rien de mieux pour marquer le premier jour de l’année. Un phénomène qui, on peut au moins l’espérer, aura été moindre cette fois-ci.
Mais qui, bon an mal, est devenu quasiment une tradition indéracinable de la France profonde, au moins dans certains quartiers. Et qui, plus extraordinaire encore, est aujourd’hui quelque chose de banal et fatal à la fois, contre lequel personne ne peut rien.
Avec, tout aussi traditionnel, un comptage exposé devant les médias par les responsables politiques, notamment le ministère de l’Intérieur. Dans le but essentiel de démontrer que le nombre de voitures incendiées volontairement est inférieur à celui de l’année précédente, prouvant ainsi irréfutablement que le ministre de l’Intérieur est meilleur que le précédent.
Et, comble de la farce, les médias reprennent en chœur ces chiffres aussi banalement que les températures annoncées par la météo.

Peut-être certains se souviendront-ils de quelques statistiques anciennes de voitures calcinées de la Saint Sylvestre ? Pour ma part, je n’ai pas oublié que ce nombre approchait souvent le millier.
Du moins à l’époque où le ministère publiait lui-même les chiffres. Car c’est fini. Depuis quelques années d’ailleurs. Tout récemment, l’actuel ministre, M. Darmanin faisait semblant d’inventer quelque chose en dévoilant qu’il ne dévoilerait plus aucun chiffre sur cette hécatombe automobile habituelle. Au motif que cela incite les incendiaires, rarement sanctionnés, il faut le souligner, à faire de la surenchère d’une année sur l’autre.
Sauf que, ce genre de black-out, de rétention de l’information, date déjà de quelques années. Mais ça aussi c’est une tradition chez nos politiques : on considère que les citoyens ont la mémoire courte, et on leur ressort des plats réchauffés en prétendant qu’on vient d’en inventer la recette.
Reste que sur le fond, rien n’a changé. Même si elles ont probablement été moins nombreuses à cause du couvre-feu, il y a bien eu des voitures brulées, et ça n’a pas provoqué plus d’émotion  que de coutume.
La preuve : nos départements de l’Aude et des PO, qui sont loin d’être parmi les pires dans ce domaine. Dans l’Aude, selon l’Indépendant de ce 2 janvier, 3 voitures brulées à Carcassonne, 2 à Narbonne. A Perpignan, du côté des services de l’Etat on admet quelques voitures brulées, avec ce commentaire : « aucune violence ou dégradation urbaine à signaler dans le département ».
Traduction en langage populaire: une voiture brulée la nuit de la Saint Sylvestre, ce n’est pas une dégradation urbaine. Comme je le disais au début de cette chronique, c’est un phénomène traditionnel et banal.
Sauf, bien entendu… pour les pauvres types qui se trouvent être les propriétaires de ces véhicules.

Allez, bonne année et rendez-vous au 1 janvier 2022.

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