Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais !
C’est bien connu, les gens qui sont au pouvoir, et qui donnent des leçons, sont assez souvent les premiers à donner non pas l’exemple, mais le contre-exemple.
Quitte ensuite à s’offusquer que le « peuple » ne se comporte pas comme il le faudrait. Sans voir que leur propre incohérence en est largement la cause.

Concrètement, une telle situation se présente aux Audois dans la volonté de l’Etat d’interdire la circulation automobile et le stationnement sur certaines plages du département, où, jusque-là, c’était encore la coutume.
Mais me direz-vous, il y a des lois qui l’interdisent, et qui sont appliquées sur l’ensemble du territoire français. Ce qui est vrai !
Et dans l’esprit des gouvernants jacobins, et de la « république une et indivisible » on ne peut concevoir des exceptions sur certains territoires de ladite république. Sauf que… ça, c’est la théorie, et ladite république est pleine d’exceptions, dues à l’histoire ou à la géographie.
Alors revoyons la situation à la lumière des usages et des traditions.

L’Aude, par chance ou par malchance, chacun en jugera, a conservé des longs morceaux de son littoral à l’état sauvage, ceux-ci ayant échappé à l’urbanisation.
Et depuis des décennies, des automobilistes circulent parfois sur ces plages, qu’ils soient pêcheurs ou baigneurs.
Ce qui n’a pas empêché ces plages de conserver leur allure sauvage, année après année, et n’en a pas fait des lieux particulièrement pollués.
Seulement voilà, les idéologies brandies par quelques-uns semblent revenir en force, peut-être  parce qu’ils ont le vent en poupe électoralement parlant. Et on réclame avec force l’abolition de ces petits restants de privilèges audois, et l’arrêt total de la voiture sur la plage.

On essaie de  justifier les choses scientifiquement, et on explique que ces incursions motorisées gênent la reproduction de certains oiseaux. Ce qui est probablement vrai, dans l’absolu. Comme toute activité humaine, urbaine ou même rurale, dérange la vie sauvage qui existait auparavant. Par exemple, dans les territoires fortement urbanisés, comme Paris et l’Ile de France.
Dans les territoires restés plus ruraux, où l’équilibre vie humaine-vie sauvage est plus marqué, il faut bien voir que la logique n’est pas tout à fait la même.

Et c’est le point de vue que défend actuellement le député de l’Aude Alain Péréa, en tentant de s’opposer à ce qu’il nomme des dogmes.
Il y a, souligne t’il, une spécificité audoise, des usages et des cultures, qui jusqu’à preuve du contraire, ne mettent pas la planète en danger, et qui pourraient être respectés.
Au nom de quoi ? Tout simplement de la biodiversité dont se gargarisent les partisans intransigeants de l’interdiction de fouler le sol des plages avec des pneumatiques.
La biodiversité, donc la diversité, est selon eux une richesse, qu’il faut conserver. Tout en prônant l’uniformité absolue dans les modes de vie et dans l’application des règles.  Belle incohérence !
Comment, quand on est dans cette logique de la biodiversité, ne pas vouloir protéger aussi la diversité qui existe dans les territoires et dans les usages ? 

 

 

 

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