LA CHRONIQUE de JC Julès

L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours…

Vous connaissez cette expression un peu bizarre, qui évoque des histoires peu vraisemblables, racontées par des gens peu crédibles.
Mais dans les Pyrénées, quand on parle d’ours, là, c’est une toute autre histoire. Et ça revient souvent sur le tapis. En cette période où les gens pensent plutôt à leurs vacances, et pourquoi pas, à la montagne, on peut effectivement y revenir.

Il y a quelques mois, dans les Pyrénées ariégeoises, on découvrait le cadavre d’un ours, tué par balle. Et on ouvrait une enquête.
Cette fois-ci, c’est l’homme qui a vu l’homme… qui a tué l’ours.

Pour comprendre, il convient de rappeler que l’ours fut jadis un animal qui vivait à l’état sauvage dans ces montagnes pyrénéennes. Tout comme le loup dans certaines contrées.
Bien sûr, il y avait aussi l’homme, celui qui vivait dans ces territoires, généralement d’agriculture et souvent d’élevage.

Et qui, à cause de la proximité avec ces bêtes sauvages, appréciait peu le danger  que cela représentait pour lui, ou pour les animaux qu’il élevait. Et il arriva ce qui arrive un peu partout : quand l’homme eut les moyens efficaces, en l’occurrence, le fusil, pour s’en débarrasser, le loup, comme l’ours, furent exterminés.
Pendant longtemps, on s’en est tenu à ce statut quo ; dans nos contrées sauvages, ces animaux n’existaient plus.

Jusqu’à ce que certaines personnes, il y a une vingtaine d’années, se mettent en tête de réintroduire ces espèces et de les considérer comme protégées. Une idée qui peut paraître séduisante, surtout quand on voit les choses de loin.
Seulement voilà : ces « contrées sauvages », et je mets des guillemets, sont toujours habitées par l’homme, et celui-ci, dans ce type de relief, vit grandement de l’élevage. Par exemple, de moutons. Pour produire de la viande, du lait de brebis et du fromage, essentiellement pour les braves gens qui habitent les villes, et ne connaissent cette réalité qu’à travers… les supermarchés.

Mais, si vous le voulez bien, faisons un retour sur image, et considérons ces éleveurs des Pyrénées, qui vivent et travaillent au pays.
L’instinct sauvage de l’ours le pousse à aimer s’attaquer aux troupeaux. Et les éleveurs, eux,  n’aiment pas, mais alors pas du tout, voir leurs troupeaux décimés par ces braves bêtes.
Et que l’un d’entre eux, excédé, prenne un fusil et abatte un de ces ours, c’est concevable ; même s’il s’agit d’une espèce dite protégée…par les gens des villes.

La réintroduction de l’ours dans les Pyrénées est-elle une bonne chose ? Pour part, n’habitant pas ces montagnes, et méconnaissant la situation du terrain, je m’estime bien incapable de fournir une opinion crédible et étayée sur le sujet.
Et finalement, je me dis que ces citoyens-citadins qui militent pour, sont souvent aussi ignorants que moi de cette situation.
Alors quel crédit leur accorder ?
Quand ils affirment qu’aujourd’hui, il faut absolument des ours dans les Pyrénées, je crains qu’ils ne soient pas plus crédibles que « l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours ».      

 

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